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Bertrand Billard : « Il a fallu que je me remette en question »

Publié le 23 mars 2013, 16:02

Poissy-Triathlon-Bertrand-Billard-InterviewAprès une saison 2012 compliquée, loin de ses espérances en termes de résultats sur le circuit international (5150 et 70.3), Bertrand Billard (Poissy Triathlon) a attaqué cette nouvelle année pied au plancher en allant chercher dimanche une très belle 2e place sur l’Ironman 70.3 de San Juan (Porto Rico). Deux ans après son premier podium sur ce format de course (2e sur le 70.3 de Majorque). Le Pisciacais de 25 ans est désormais plus motivé que jamais pour la suite de la saison et ne manque pas d’objectifs : Mondiaux LD, 70.3 d’Aix, Mondiaux 70.3… Entretien.

Bertrand, quoi de mieux que commencer sa saison internationale par un podium. Tu dois être ravi ?
Cela fait du bien, c’est très motivant pour la suite. Monter sur le podium de telles épreuves représente un objectif pour moi dans ma carrière et plus particulièrement cette saison. C’est donc une grande satisfaction d’y parvenir dès la première course.

Tu dis avoir été très ému en passant la ligne d’arrivée. Que représente pour toi cette 2e place ?
L’année dernière, j’ai eu un long passage à vide car j’ai terminé l’hiver très fatigué. Il a fallu que je me remette en question, je doutais alors énormément sur ma poursuite dans le triathlon. Pour cette raison, le passage sur la ligne d’arrivée marque en quelque sorte un retour sur la scène internationale ce qui m’a procuré d’intenses émotions.

Comment s’est déroulée cette course et surtout à partir de quel moment as-tu pris conscience que le podium était accessible ?
La course était vraiment mal engagée, j’ai eu un problème technique la veille de la course (ma selle ne tenait pas droite pendant la course) et j’ai pris 1’30 de retard sur la partie natation. Certaines fois, il suffit de garder son sang-froid et de rester concentré. J’ai chassé 50km seul pour revenir sur le groupe poursuivants (O’Donnell, Bockel, Matthews, Romain Guillaume). Une fois rentré, le rythme n’était pas très soutenu et j’en ai profité pour ‘’récupérer’’. Nous avons donc posé le vélo à 5, respectivement à 7’ et 4’ des deux Américains Collins et Starykowicz, connus pour être des écraseurs de pédales !
A pied, j’ai aussi joué la sagesse et malgré un départ rapide, je me suis vite calmé pour assurer une bonne place car j’ai pris conscience qu’une place sur le podium était accessible si je gérais bien la fin de course. J’étais alors en 3e position à mi-parcours, mais j’avais déjà repris 2’10 à Starykowicz et Collins semblait tituber légèrement. Sous 35 degrés, tout semblait possible car les risques de défaillance sont multipliés par 10, il faut juste espérer que ça ne tombe pas sur soi ! Finalement, Collins en a subi les conséquences puisqu’il a jeté l’éponge à 5km de l’arrivée. A l’inverse, l’autre Américain a élevé le rythme pour la deuxième partie de la course à pied et je n’ai pas pu le reprendre. Derrière, Timothy O’Donnell termine sur mes talons et 4e place pour Romain Guillaume que je félicite pour sa régularité à ce niveau. Je tiens aussi à féliciter Gwenaël Ouillère (Ndlr : le 3e français) qui prend la 20e place malgré des ennuis mécaniques.

Quelle préparation as-tu suivi durant l’hiver ? Sur quelle(s) discipline(s) as-tu mis l’accent ?
A vrai dire, ma préparation est loin d’être terminée et mes objectifs sont plus tard dans la saison. Avec mon frère qui me coach, nous avons orienté l’entraînement afin de combler mes points faibles. Cela passe par une augmentation du volume en course à pied. Ces dernières années, je me suis beaucoup entraîné en vélo. J’ai donc pu rester un peu sur mes acquis.

Quels sont tes principaux objectifs pour la suite de la saison ?
Tout d’abord, il me faut obtenir un billet pour les championnats du Monde Longue Distance qui auront lieu à Belfort le 1er juin ce qui me permettra d’intégrer l’équipe de France et tenter de réaliser une bonne performance. Ensuite, j’aimerais représenter mon club de Poissy Triathlon en France au 70.3 du Pays d’Aix mais aussi au niveau international lors des Championnats du Monde 70.3 à Las Vegas.

A terme, l’objectif est-il de monter sur la distance Ironman ?
En effet, même si à l’heure actuelle le circuit 70.3 est attractif et qu’il est possible d’y faire carrière, c’est à Hawai que je rêve d’aller. Cela ne sera pas une mince affaire, le chemin est encore long. Il est donc probable que je participe dès l’année prochaine à l’Ironman de Nice, pour tester mes capacités sur ce type d’épreuves et m’y forger une première expérience. Ensuite, il faudra bosser dur car la nouvelle génération d’athlètes spécialistes du Longue Distance est très rapide ! La plupart d’entre eux arrivent des circuits courts de l’ITU… à quelques exceptions près (clin d’œil à Trévor Delsaut !).

Propos recueillis par Basile Regoli

Crédit photo © WTC

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