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Grégory Rouault – « J’y vais le couteau entre les dents »

Publié le 13 avril 2013, 9:46

Dimanche, Grégory Rouault fera sa rentrée sur la scène internationale à l’occasion de la Coupe du monde d’Ishigaki (Japon). L’occasion d’un premier test pour celui qui a décidé de rejoindre l’an passé le groupe d’entraînement de Darren Smith en Australie. Une blessure à l’avant-bras (fracture du radius), il y a un mois, l’a légèrement retardé dans sa préparation mais le Pisciacais affiche une grosse motivation pour la suite. Entretien.

Poissy-Triathlon-Greg-Rouault-Ishigaki2013Grégory, pourquoi ce choix de rejoindre Darren Smith et son groupe d’entraînement l’an dernier ?
C’est le meilleur coach ! Il fallait que je me relance et que je trouve des solutions pour passer un cap. J’ai donc fait une liste de deux entraineurs qui avaient un profil qui m’intéressait et je suis rentré en contact avec eux. J’ai pris le temps de rencontrer Darren lorsqu’il était à Davos (Suisse) pour la préparation de ces athlètes aux Jeux olympiques et le contact s’est fait immédiatement pour lui et pour moi. J’ai tout de suite aimé son approche de l’entrainement, la manière avec laquelle il gère son groupe et puis son CV ne ment pas. La décision a été facile à prendre même si elle implique de gros sacrifices personnels et financiers. C’est vraiment différent de tout ce que j’ai pu expérimenter dans ma carrière. C’est l’expérience d’une vie, similaire à ce que j’ai vécu en partant aux USA. Dans quelques années, je pourrais me regarder dans la glace sans avoir de regret.
Quels sont les athlètes avec lesquels tu t’entraînes au quotidien ?
Le groupe est formé de personnes géniales et le groupe est vraiment fantastique avec une éthique de travail formidable. La liste des athlètes est assez longue : Anne Haug, Jodie Stimpson, Aillen Reid, Kate Roberts, Katie Hewisson, Anna Mazetti, Matt Chrabot, Cam Good, Declan Wilson (un petit jeune qui va faire parler de lui), Annabel Luxford et quelques autres dont vous entendrez bientôt parler ! C’est un vrai plaisir de pouvoir s’entrainer avec eux surtout qu’ils sont vraiment tous humble et que le coach ne fait aucune différence.

Comme s’est passée ta préparation cet hiver en Australie ?
C’est le meilleur hiver de ma vie. Avant ma chute (Ndlr : à vélo il y a un mois), j’avais passé un vrai cap dans les trois disciplines. Je nageais, roulais et courais plus vite que je ne l’ai jamais fait. Hormis la chute et la période de repos que j’ai dû prendre suite à mon opération, je n’ai pas manqué une séance et je me suis entrainé de manière très constante. Darren a une approche vraiment différente de ce que beaucoup de personnes pensent. Tout est orienté sur le processus et pas sur le résultat final, sur ce que l’on peut contrôler et pas sur les autres choses.

Dans quel état d’esprit te rends-tu ce week-end à Ishigaki (Japon) ?
C’est un peu le mystère mais j’y vais le couteau entre les dents. Il y a quatre semaines, j’étais dans un lit d’hôpital. On m’a mis une plaque et sept vis. J’étais en repos forcé. Je suis allé à Mooloolaba et j’ai regardé la course avec un énorme pincement au cœur car j’avais le niveau pour faire quelque chose. Je suis rentré à Canberra avec une grosse motivation et j’en ai bavé comme personne ne peut l’imaginer. J’ai nagé plus de 30 km avec mon plâtre et j’ai fait le maximum pour retrouver mon niveau à pied et à vélo pour Ishigaki. Le coach et mon physio ont fait le maximum avec moi. Je ne savais pas si je pourrais y participer mais je voulais un objectif pour garder ma motivation. J’ai recommencé à nager sans mon plâtre vendredi et je sens que la force de mon bras revient. Je vais donc à Ishigaki avec une énorme envie de bien faire. Il faut que je mette en application tout ce que j’ai travaillé et que je me concentre sur le fait de bien faire les choses avant de penser à un résultat.

On a l’impression que, malgré tes 32 ans, tu es en train de vivre une seconde jeunesse ?
On oublie souvent que ma première de saison de triathlon était en 2008 ! Oui j’ai 32 ans mais je suis jeune dans le sport. Ces quatre saisons ont été constructives. Il y a eu des hauts et des bas, des bons moments et des blessures mais j’ai beaucoup appris et c’est une très bonne fondation pour les années qui arrivent. Je sais que je suis loin d’avoir atteint mon potentiel et les trois derniers mois en Australie m’ont conforté dans cette pensée. L’objectif est donc simple: atteindre mon potentiel et voir à quel point je peux devenir un meilleur nageur de triathlon, un meilleur cycliste et un meilleur coureur. J’ai tellement de choses à apprendre et à travailler que c’est vraiment excitant. J’ai un bon « feeling » pour l’avenir et j’espère que je vais pouvoir rendre aux gens qui ont toujours cru en moi comme mon club de Poissy Triathlon, l’Armée et bien entendu mon entourage.

Propos recueillis par Basile REGOLI. Avec son aimable autorisation.
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