CARL BLASCO 29 juin 2004

Salut Carl,,
Peux-tu te présenter rapidement :

Mes premières images du triathlon datent de 1989, alors que j'étais serveur dans un resto *** le chef de rang un matin est arrivé avec un magazine dans les mains, et par curiosité m'a montré quelques photos d'une épreuve : les championnats du monde à Avignon, et là quand j'ai vu les jambes des gars, je suis resté impressionné... mais jamais une seconde je me suis représenté un jour à leur place !
Et... !!! un jour en 1990 face à notre resto "La Vigie" j'ai pris le départ de mon premier tri DO.
Bon ! je sort 12 de l'eau et je fais 100m en vélo dans le parc, et hop par terre, "Hypothermie" Suivant !...
Par la suite je me suis préparé et en 91 je fait 12 de cette même course et en 92 première victoire sur celle-ci aussi.
Aujourd'hui, 14ans après je me trouve à St Raphaël (Boulouris) ou depuis 1995 je m'entraîne avec le CREPS de Boulouris dirigé par Houseau Pierre et Dréano Patrick.
Cela fait neuf années que je suis suivi par des spécialistes du triathlon.
C'est pour moi un endroit très riche, car l'esprit de groupe a su être respecté par chaque athlètes qui y sont passé.
Cette notion de respect de groupe a su être inculqué par le charisme et le professionnalisme de nos entraîneurs, pour moi c'est un point essentiel pour la pratique du triathlon et pour le fonctionnement d'un pôle.
Et l'esprit du club de Poissy est dans cette même dynamique là.


La journée type de Monsieur Carl ?
Les journées ne se ressemblent pas, mais elles commencent en général par un levé vers 7h30, (café...mails, paperasses...)
- 9h Footing ou séance plus technique avec le groupe,
- 11h 2ème p'tit dèj (jambon pain...)
- 12h dans l'eau (séance nat)
- 14h repas en groupe, mis en place de l'heure de départ pour le vélo.
- 15h30 départ vélo...
- 18h fin....douche...
- 19h petite répétition si préparation de spectacle.
- 21h repas avec... ça dépend du moment.
- 23h... noir.

Côté actualité : tu es depuis peu l'un des quatre français à partir pour Athènes. Félicitations !
Comment as-tu réagis à l'annonce de cette bonne nouvelle ?

L'attente fut longue mais le chalenge était de taille au niveau émotion. Dans à peine deux mois, je pars pour participer à mes deuxièmes Olympiades. Il est vrai que se qualifier aux J.O, ce n'est que le gâteau avant la cerise, contrairement à Sydney en 2000, ou c'était la cerise sur le gâteau, il ne restait plus grand chose à mettre au dessus.

L'important pour moi, durant ces trois années passé, était de rester concentré sur l'objectif en gardant un travail régulier, sans usure au niveau mental, pour arriver dans l'année Olympique en parfaite harmonie avec la gestion des Coupes du Monde, la vie de groupe, et l'évolution de notre sport (approche technique et tactique).

Une fois dans l'année Olympique, donc dans les six meilleurs français, l'objectif était de se qualifier, on était six pour trois places. Les six athlètes retenu pour la dernière ligne droite des qualifs, ont su prouver qu'ils avaient le niveau, et là ! on aborde les choses sérieuses, "l'élixir du haut niveau" : être capable de résister à cette pression, sachant que ce joli mot "PRESSION" ce n'est que de l'attention des autres sur soi... résister donc à cette attention et à cette attente, sans perdre ses moyens, ni ses repères, être capable de réagir, d'anticiper à toute les situations de la vie, rester soi même jusqu'au bout, s'entourer d'Amis(es), d'Amour et de Maîtres pour évoluer et poursuivre sereinement l'objectif, et ça pour moi c'est être prêt, prêt à prendre le départ de l'ultime course de qualification et à aller jusqu'au bout, sans ne jamais rien regretter quoi qu'il arrive...

Un seul dossard chez les filles... tu en dis quoi ?
Un seul dossard chez les filles, c'est dommage pour Marion car c'est une fille qui le mérite aussi, mais ce n'est que partie remise, elle est jeune et "vraie". Marion est une fille qui va en retirer beaucoup de points positifs, qui vont la porter jusqu'à Pékin.
Il ne faut pas oublier que la défaite pour un ou une athlète de haut niveau, est beaucoup plus riche et moins éphémère qu'une victoire, car la défaite nous secoue et nous fait réfléchir à ce "pourquoi j'ai raté" ? alors qu'une victoire c'est: "J'ai gagné !!! je suis le meilleur !!!.
La victoire, il faut savoir en délecter, mais il vaut aussi savoir l'oublier pour rester concentrer, car en général on nous attend le dimanche d'après...
La réussite a tout de même ses points positifs, mais le passage de l'échec est un fait bien fait par la force des choses...

Ton favori pour Athènes et pourquoi ?
Pour Athènes il y a trois personnes qui restent mes favoris (sans me compter juste pour l'Interview !) : "Deux français et un Franco suisse" c'est tout.... je ne me mouille pas... (rire)
Le parcours de ces JO fonctionne bien pour des personnages comme Olivier Marceau, par ce parcours de guerrier en vélo.
La détermination qu' Olivier peut me faire sentir par sa sérénité et son calme, en dit beaucoup, et cela peut être dévastateur...
Les autres français sont aussi mes favoris, par leur classe dans l'enchaînement d'un parcours dur en vélo, ils sont capables de faire une course à pieds solide après un parcours aussi éprouvant, et je pense que le relief de cette course est bien adapté pour ces athlètes qui vont au bout des choses et au bout de leur effort, quoi qu'il arrive.

Merci Carl et rendez-vous fin août !