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Salut Carl,,
Peux-tu te présenter rapidement :
Mes premières images
du triathlon datent de 1989, alors que j'étais
serveur dans un resto *** le
chef de rang un matin est arrivé avec un magazine
dans les mains, et par curiosité m'a montré
quelques photos d'une épreuve : les championnats
du monde à Avignon, et là quand j'ai vu
les jambes des gars, je suis resté impressionné...
mais jamais une seconde je me suis représenté
un jour à leur place !
Et... !!! un jour en 1990 face à notre resto "La
Vigie" j'ai pris le départ de mon premier
tri DO.
Bon ! je sort 12 de l'eau et je fais 100m en vélo
dans le parc, et hop par terre, "Hypothermie"
Suivant !...
Par la suite je me suis préparé et en 91
je fait 12 de cette même course et en 92 première
victoire sur celle-ci aussi.
Aujourd'hui, 14ans
après je me trouve à St Raphaël
(Boulouris) ou depuis 1995 je m'entraîne avec le
CREPS de Boulouris dirigé par Houseau Pierre et
Dréano Patrick.
Cela fait neuf années que je suis suivi par des
spécialistes du triathlon.
C'est pour moi un endroit très riche, car l'esprit
de groupe a su être respecté par chaque athlètes
qui y sont passé.
Cette notion de respect de groupe a su être inculqué
par le charisme et le professionnalisme de nos entraîneurs,
pour moi c'est un point essentiel pour la pratique
du triathlon et pour le fonctionnement d'un pôle.
Et l'esprit du club de Poissy est dans cette même
dynamique là.
La journée type de Monsieur
Carl ?
Les journées ne se ressemblent
pas, mais elles commencent en général par
un levé vers 7h30, (café...mails, paperasses...)
- 9h Footing ou séance plus technique avec le groupe,
- 11h 2ème p'tit dèj (jambon pain...)
- 12h dans l'eau (séance nat)
- 14h repas en groupe, mis en place de l'heure de départ
pour le vélo.
- 15h30 départ vélo...
- 18h fin....douche...
- 19h petite répétition si préparation
de spectacle.
- 21h repas avec... ça dépend du moment.
- 23h... noir.
Côté actualité
: tu es depuis peu l'un des quatre français à
partir pour Athènes. Félicitations !
Comment as-tu réagis à l'annonce de cette
bonne nouvelle ?
L'attente fut longue mais le
chalenge était de taille au niveau émotion.
Dans à peine deux mois, je pars pour participer
à mes deuxièmes Olympiades. Il est vrai
que se qualifier aux J.O, ce n'est que le gâteau
avant la cerise, contrairement à Sydney en 2000,
ou c'était la cerise sur le gâteau, il ne
restait plus grand chose à mettre au dessus.
L'important pour moi, durant ces trois années passé,
était de rester concentré sur l'objectif
en gardant un travail régulier, sans usure au niveau
mental, pour arriver dans l'année Olympique en
parfaite harmonie avec la gestion des Coupes du Monde,
la vie de groupe, et l'évolution de notre sport
(approche technique et tactique).
Une fois dans l'année Olympique, donc dans les
six meilleurs français, l'objectif était
de se qualifier, on était six pour trois places.
Les six athlètes retenu pour la dernière
ligne droite des qualifs, ont su prouver qu'ils avaient
le niveau, et là ! on aborde les choses sérieuses,
"l'élixir du haut niveau" : être
capable de résister à cette pression,
sachant que ce joli mot "PRESSION" ce n'est
que de l'attention des autres sur soi... résister
donc à cette attention et à cette attente,
sans perdre ses moyens, ni ses repères,
être capable de réagir, d'anticiper à
toute les situations de la vie, rester soi même
jusqu'au bout, s'entourer d'Amis(es), d'Amour et de Maîtres
pour évoluer et poursuivre sereinement l'objectif,
et ça pour moi c'est être prêt, prêt
à prendre le départ de l'ultime course de
qualification et à aller jusqu'au bout, sans ne
jamais rien regretter quoi qu'il arrive...
Un seul dossard chez les filles...
tu en dis quoi ?
Un seul dossard chez les filles,
c'est dommage pour Marion car c'est une fille qui le mérite
aussi, mais ce n'est que partie remise, elle est jeune
et "vraie". Marion est une fille qui va en retirer
beaucoup de points positifs, qui vont la porter jusqu'à
Pékin.
Il ne faut pas oublier que la défaite pour un ou
une athlète de haut niveau, est beaucoup plus riche
et moins éphémère qu'une victoire,
car la défaite nous secoue et nous fait réfléchir
à ce "pourquoi j'ai raté" ? alors
qu'une victoire c'est: "J'ai gagné !!! je
suis le meilleur !!!.
La victoire, il faut savoir en délecter, mais il
vaut aussi savoir l'oublier pour rester concentrer, car
en général on nous attend le dimanche d'après...
La réussite a tout de même ses points positifs,
mais le passage de l'échec est un fait bien fait
par la force des choses...
Ton favori pour Athènes
et pourquoi ?
Pour Athènes il y a
trois personnes qui restent mes favoris (sans me compter
juste pour l'Interview !) : "Deux français
et un Franco suisse" c'est tout.... je ne me
mouille pas... (rire)
Le parcours de ces JO fonctionne bien pour des personnages
comme Olivier Marceau, par ce parcours de guerrier en
vélo.
La détermination qu' Olivier peut me faire sentir
par sa sérénité et son calme, en
dit beaucoup, et cela peut être dévastateur...
Les autres français sont aussi mes favoris, par
leur classe dans l'enchaînement d'un parcours dur
en vélo, ils sont capables de faire une course
à pieds solide après un parcours aussi éprouvant,
et je pense que le relief de cette course est bien adapté
pour ces athlètes qui vont au bout des choses et
au bout de leur effort, quoi qu'il arrive.
Merci Carl et rendez-vous fin
août !
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